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La Fondation du patrimoine lance un fonds de soutien aux métiers d’art (35 & 72)

La Fondation du patrimoine lance un fonds de soutien aux métiers d’art, calqué sur le fonds de soutien au patrimoine lancé par la Fondation avec Stéphane Bern.
Il s’agit cette fois-ci également de choisir chaque année un projet par région et de mobiliser les énergies pour le soutenir.
Doté d’un million d’euros pour 2024, ce fonds a pour vocation de soutenir et accompagner des projets visant à préserver et transmettre les métiers et l’artisanat d’art dans les territoires. La Fondation identifie des projets de restauration de patrimoine faisant appel à des métiers d’art et participe au financement de projets qui assurent la pérennité de ces métiers et la transmission des savoir-faire. Une attention particulière est accordée aux projets qui accueillent des stagiaires et apprentis en formation ou qui mettent en place des actions pour transmettre des savoir-faire au grand public.
À la suite de cette première sélection de projets régionaux, une deuxième sélection de projets situés dans des territoires ruraux ou des bourgs sera réalisée en fin
d’année.

Deux projets ont été sélectionnés dans le Grand Ouest :
Pour la Bretagne :
MODÈLE ANATOMIQUE ÉQUIN DU DOCTEUR AUZOUX À RENNES (Ille-et-Vilaine)
Un outil pédagogique novateur de dissection en papier-mâché à restaurer
DOTATION : 30 000 €

INTÉRÊT PATRIMONIAL
Ce modèle clastique de cheval, créé par les établissements Auzoux en 1851, est un trésor d’anatomie en papier mâché. Dès le début de ses études de médecin, Louis Auzoux (1797-1880) se passionne pour les modèles anatomiques. En 1828, il ouvre sa fabrique de modèles anatomiques. À son apogée, les établissements Auzoux emploient entre 60 et 100 personnes, et leurs pièces sont exportées dans le monde entier. Légendé et entièrement démontable, ce modèle présente avec un réalisme saisissant l’anatomie du cheval précisément détaillé. Il est composé de 127 éléments démontables, fabriqués à partir d’une combinaison de métal, de bois et de fibres végétales assemblées avec de la colle de poisson. Reproduit à une échelle de 75%, cet outil pédagogique novateur a permis à des générations d’élèves de découvrir l’anatomie du cheval, offrant ainsi une alternative à la dissection de cadavres, tout en formant les étudiants de l’École nationale d’agronomie de Rennes sur plusieurs générations.

Cette restauration nécessite l’intervention de conservateurs-restaurateurs spécialisés dans la restauration d’objets scientifiques, un métier en tension en raison de la réduction des budgets alloués à la préservation de ce type de collections. Cinq personnes doivent intervenir pour restaurer un modèle de cette envergure. Le marché public incluera un volet de transmission des savoir-faire en conservation-restauration doit disparaître, avec l’intervention demandée d’un apprenti, d’un jeune diplômé ou d’un étudiant stagiaire sur le chantier. Ce modèle, une fois restauré, constituera la pièce la plus remarquable des collections de l’Institut Agro Rennes-Angers, et trouvera une place de choix dans les salles du futur espace muséographique qui ouvrira au public fin 2024.

Exposition au public prévue en septembre 2025.

© Eric Jozeleau

Pour les Pays de la Loire
CHAPELLE SAINTE-CÉCILE DE FLÉE (Sarthe)
Redécouverte et sauvegarde de peintures murales du XIIe siècle
DOTATION : 20 000 €

INTÉRÊT PATRIMONIAL
L’église de l’ancien village de Sainte-Cécile est citée pour la première fois en 1067, alors qu’elle est transmise par Gervais de Château-du-Loir à l’abbaye de Marmoutier. Le village, lié au fief d’Ourne, fut rattaché à Flée par le décret impérial en 1807. Déclarée chapelle de secours en 1872, elle est classée monument historique depuis 1984. En 1928, Suzanne Trocmé, membre de la Société Archéologique du Vendômois, remarqua à l’intérieur de la nef un petit fragment de mur peint, sans campagne de sondages menée à sa suite afin de vérifier la présence de peintures sur les différentes parties de l’édifice. Des investigations ont finalement été menées en octobre 2022 sur tous les parements, et un état sanitaire des enduits intérieurs et décors peints a été réalisé, afin d’émettre des préconisations pour la restauration des intérieurs. Ces sondages ont permis de constater la présence de scènes peintes et de litres funéraires mettant en avant des armoiries, datant du XIIe au XVIIIe siècle. Les décors les plus anciens sont situés sur l’intrados de l’arc diaphragme, orné de fresques représentant Caïn et Abel de part et d’autre de la main divine. Sur les murs, on peut également reconnaître saint Roch, avec son chapeau, son bâton et son sac de pèlerin, face à un ange à genou tenant un phylactère. La plus grande partie des peintures est encore recouverte du badigeon blanc appliqué au XVIIIe siècle, qui les a cachées mais aussi protégées.

6 artisans spécialisés sont sollicités sur ce chantier : restaurateurs de peintures murales, vitraillistes, menuisiers et ébénistes. Les restaurateurs et verriers d’art sont accompagnés par des apprentis en formation, sur le chantier et en atelier.

Ouverture prévue au public en mai 2025

© Eric Jozeleau

L’appel à projets pour la deuxième sélection de projets du fonds de soutien aux métiers d’art est ouvert jusqu’à mi-septembre 2024. Sont éligibles à ce fonds tout projet de restauration du patrimoine faisant appel à des métiers d’art, situé dans des communes de moins de 10 000 habitants.
Pour soumettre un projet, contactez les délégations régionales de la Fondation du patrimoine : www.fondation-patrimoine.org/contact

 



 

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