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Exposition "Être traversé" Galerie Le Petit Prince à Merdrignac
Du 12 juin 2026 au 2 juillet 2026
Vernissage le 12 juin 2026
18h00 – 18h00
André Scherb explore les formes de mémoire à travers une abstraction libre et incarnée, portée par la fluidité du geste et l’intensité de la couleur. Sa recherche vise à reconstruire une mémoire multisensorielle en dépassant les frontières entre abstraction et figuration. Il prend ainsi ses distances avec la perception immédiate du monde, tout en cherchant à en révéler la présence fragile. La tension entre ce qui persiste et ce qui s’efface traverse l’ensemble de son œuvre.
En 2022, il intitule son exposition à Hennebont Le chemin se fait en marchant. Ce titre résume l’esprit de sa démarche : une traversée du paysage autant qu’un cheminement intérieur où la création se construit pas à pas, dans une attention progressive au vivant.
Quelle relation entretenir avec le monde végétal à l’heure où il apparaît profondément menacé ? Pour Scherb, il ne s’agit ni d’illustrer la nature ni d’en produire une image idéalisée. Approcher le vivant suppose un déplacement du regard et de la posture même du peintre : ne plus chercher à décrypter et maîtriser le réel, mais devenir récepteur des forces qui le traversent. Cette intuition rejoint les paroles du penseur autochtone Ailton Krenak :
« La vie n’est pas quelque chose autour de nous mais quelque chose qui nous traverse de l’intérieur comme de l’extérieur. Il n’y a pas d’environnement – ni de vie environnante – il y a seulement un flux, un continuum dont nous sommes l’acte de métamorphose. »
Nourrie d’immersions dans les forêts et les jardins, sa pratique cherche moins à représenter le végétal qu’à capter des dynamiques de croissance, de fragilité et de métamorphose. Face à l’énigme du vivant, il tente d’accompagner un devenir plutôt que de fixer une apparence. Il s’agit de donner forme à des forces invisibles.
Depuis 2021, la série Matrice approfondit cette orientation : les formes y semblent en devenir, comme traversées par des processus de transformation continus.
Dans l’atelier, la peinture se construit comme un palimpseste, entre recouvrements et effacements. Les transparences de pigments, de cendres végétales et de sable laissent apparaître les états antérieurs du travail, tels les dépôts d’une mémoire en mouvement.
Le geste oscille entre contrôle et lâcher-prise, méditation et présence corporelle. La peinture vise moins à montrer qu’à faire éprouver.
Les œuvres réunies dans « Être traversé » proposent ainsi une expérience sensible où la peinture continue de se transformer dans l’acte même du regard.


